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Frères un jour, frères toujours !

Publié le 19 mars 2021

Vivre la charité pour demeurer dans la filiation divine.

Il y a quelque chose de très étrange dans la charité fraternelle : l’autre est pour moi un frère, et il n’y a pas de seconde option. Je n’ai pas le choix !

Dans son enseignement, Jésus ne commande ni de prier, ni de jeûner. Ce qu’il commande, c’est la charité, l’amour fraternel : « Ce que je vous commande, dit-il, c’est de vous aimer les uns les autres » (Jean 15,17). Mais peut-on vraiment commander l’amour ? L’amour ne relève-t-il pas précisément de la libre volonté ?

En effet, le commandement a ceci de particulier : il est impératif. On n’a pas le choix, car il n’y a pas deux possibilités. Ne pas obéir au commandement, c’est choisir de se couper de celui qui commande. Le Christ dit : « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande » (Jean 15, 14). Que nous commande-t-il ? « C’est de vous aimer les uns les autres » (Jean 14, 12). Il apparaît donc qu’il n’y a pas deux options dans la charité. L’autre m’est donné comme un frère à aimer, et pas comme un ennemi de qui je dois me méfier. Il n’y a pas une deuxième option. Cependant, les moyens que je prends pour témoigner à l’autre de mon affection fraternelle peuvent, eux, être multiples. La charité peut par conséquent être exprimée d’une manière ou d’une autre, mais elle ne tolère aucune exclusion. On ne choisit pas son frère ; on le reçoit, ou plutôt, on choisit de le recevoir. Mon frère n’est pas mon frère parce que je le considère comme tel ; il l’est en premier lieu parce qu’il m’est donné comme tel, comme un frère. De même que l’on ne choisit pas ses parents, de même on ne choisit pas ses frères ; on les reçoit. Et puisque nous sommes tous fils d’un même Père qui est aux cieux, alors nous sommes tous frères. La charité fraternelle et la filiation sont très liées. L’une ne va guère sans l’autre. C’est dans cette lumière que l’apôtre Jean écrit : « Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu » (1 Jean 4, 8) ; plus loin il poursuit : « Si quelqu’un dit : j’aime Dieu alors qu’il a de la haine contre son frère est un menteur » (1 Jean 4, 20) ; et pour mettre davantage en lumière le lien qui existe entre charité et filiation, il affirme : « Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu » (1 Jean 4, 16). Jean nous présente la charité comme le cœur de toute vie avec Dieu. En dehors d’elle, il n’y a pas de filiation divine.

Le philosophe Martin Buber va dans le même sens, dans son ouvrage Je et Tu, quand il affirme : « En me détachant de mon frère, je m’anéantis. En perdant le souci de mon frère, j’abandonne Dieu » (p. 10). La charité est donc indispensable pour rester dans la filiation divine.

Cependant, il ne faut pas croire que l’on peut y arriver par ses seules forces. Il est au contraire important de se disposer à l’action de l’Esprit Saint, source de tout amour, et de demander ce don de la charité fraternelle. Le temps de carême que nous vivions en ce moment est un temps privilégié pour mendier cette grâce au Christ qui a dit un jour : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5).

Puisse ce même Christ nous aider à aimer en acte et en vérité. Amen !

Sainte montée vers Pâques, la Fête des fêtes, et bonne redécouverte de la filiation divine à travers la charité fraternelle !

Frère Blaise