Trois nouveaux “gris” !

Publié le 17 juillet 2020

Le 22 mars a eu lieu la prise d’habit des novices de première année. Frère Richard reçut le nom de Richard-Maria, frère Alexandru le nom de Vladimir et frère Valentin celui de Samuel-Marie.

Dans un contexte d’épidémie et de confinement mondial, la célébration revêtit un caractère particulier. Cette célébration – à huis clos – mit en lumière le mystère caché de notre vie religieuse. Revêtir le Christ (cf. Ga 3, 27), c’est aussi revêtir sa vie cachée, sa pauvreté ; revêtir le poids du monde avec ses souffrances et ses inquiétudes.

Mais la Croix et la Résurrection sont inséparables ! Nous avons donc dûment fêté, dans la joie et l’allégresse, le rejet de l’habit du vieil homme pour celui de l’homme nouveau (cf. Ep 4, 23-24) !

 

L’habit se déposa sur moi
oh la douceur ineffable
de Jésus-Christ notre roi
qui est tant admirable

Prise d'habit 1

Revêtu de l’homme nouveau
je dépose mes biens, don de toi
je tressaille en ton manteau
je suis vraiment à toi cette fois

Prise d'habit 2

Bras ouvert Marie arriva
cela souvenir de ce jour
où mon âme te rencontra
mère viens à moi pour toujours

Prise d'habit 3

Va petit enfant maintenant
je te promets je le ferais
le monde grand immensément
j’annoncerai et te prierai

 

Frère Samuel-Marie

Frères confinés

Publié le 17 juillet 2020

Année particulière que 2020, une année qui restera dans les mémoires. La pandémie du Covid-19, qui a sévi à l’échelle planétaire, a fait tant de victimes et provoqué tant de souffrances sur le plan humain et économique. Pandémie qui a été marquée par ce long confinement de deux mois.

Nous n’avons pas été épargnés par le confinement. Résultat : plus aucun fidèle, apostolat, ni, bien entendu, d’hôte que nous aimions tant recevoir pour leur faire découvrir notre vie. Nous n’étions qu’entre frères.

Notre vocation est de prier pour le monde, et ce temps de confinement nous a permis de redécouvrir cela. La prière peut sembler être un moyen bien faible.

Pourtant, il s’agit de notre plus grande richesse, car nous nous en remettons à la toute-puissance du Seigneur, Celui à qui nous donnons notre vie. Nous étions loin de vous physiquement, mais nous vous avons tous porté dans la prière.

Ce temps de confinement fut aussi l’occasion de redécouvrir notre vie fraternelle : socle de notre communauté, car nous vivons en frères du Christ. Bien que la période ait été difficile pour nous, la joie de passer du temps ensemble, d’être tous mobilisés pour le monde nous a permis de goûter à la grâce que le Seigneur nous a donnée en nous rassemblant dans la communauté Saint-Jean à Saint-Jodard.

Nous avons aussi connu de beaux moments avec les prises d’habits de nos frères de première année, mais aussi la joie du temps pascal : celle de marcher dans les pas du Christ ressuscité, en qui nous mettons toute notre espérance.

Frère Jean-Baptiste de l’Agneau

Pourquoi faire profession … temporaire ?

Publié le 17 juillet 2020

Dans le jargon des instituts religieux, « faire profession » – temporaire ou perpétuelle – revêt plusieurs significations.

C’est une promesse à Dieu, Un et Trine : Père, Fils et Saint-Esprit.

Que promet le frère ? Le frère promet à Dieu de configurer son existence, d’une manière charismatique avec l’aide particulière de la grâce, à l’imitation du Christ pauvre, chaste et obéissant.

Pour combien de temps ? Quand il s’agit d’une profession temporaire, dans la communauté des Frères de Saint Jean, la promesse est faite pour une durée variant entre 1 et 4 ans. En revanche, la profession perpétuelle, comme son nom l’indique, est faite pour l’éternité.

Y a-t-il un garant de la validité de cette promesse ? C’est l’Église, représentée par le supérieur légitime de l’institut religieux. Le frère dépose sa promesse dans les mains du supérieur et celui-ci, à son tour, la reçoit au nom de l’Église et, donc, de Dieu lui-même.

La promesse a-t-elle une forme spécifique ? Oui, le frère s’engage à mener une vie de pauvreté, chasteté et obéissance « selon la Règle de vie et les Constitutions » de la congrégation. Il me semble qu’on peut voir ici le principe de l’Incarnation et surtout la « colonne vertébrale » de la vie du consacré au Seigneur. La formule de profession des vœux se conclut avec ces mots : « pour le service de Dieu et de son Église ». Le consacré a scellé son existence au service de Dieu et de son prochain… loin d’être pour lui une source d’aliénation, mais un chemin de Vie et d’épanouissement.

Profession du 14.06.2020

Le 14 juin dernier, trois de nos frères – arrivés à la fin de leur noviciat – ont promis à Dieu pauvreté, chasteté et obéissance pour une durée limitée. À ce moment, la question se pose : pourquoi une profession temporaire ? La profession perpétuelle ne suffirait-elle pas ?

Celui qui fait profession temporaire, même s’il s’engage pour une durée limitée, intérieurement, dans sa relation à Dieu qui l’appel, tend à s’engager et se consacrer à Lui d’une manière exclusive et pour l’entièreté de sa vie. D’une manière analogue, les mariés ne promettent pas d’être fidèles l’un à l’autre pour un temps limité, mais « jusqu’à la mort ». L’amour (celui des mariés et celui des religieux envers leur Seigneur) requiert et exige exclusivité et don intégral de leurs personnes. La profession temporaire, n’est-elle pas, alors, un non-sens et une contradiction ? Elle trouve son sens dans le fait que le frère qui fait profession tend intérieurement vers une promesse à Dieu pour l’éternité, si telle est Sa volonté, et aussi pour des raisons de formation à la vie religieuse et de discernement vocationnel.

Il y a 2 ans, j’ai rencontré une religieuse qui faisait partie, depuis plus de 20 ans, d’une communauté dont la profession des conseils évangéliques ne se fait pas à perpétuité, mais pour la durée d’un an, tout en étant renouvelable à demande. Donc, cette sœur, qui travaillait dans le milieu de soin hospitalier, a promis à Dieu pauvreté, chasteté et obéissance plus de 20 fois dans sa vie. En parlant avec elle, j’ai compris que cela ne voulait pas dire que dans son cœur elle vivait sa profession temporaire comme une « signature » d’un contrat de travail qui, une fois arrivé à son terme, la rende disponible de chercher une nouvelle expérience de travail… même si véritablement sa promesse d’un an lui permettait de ne plus la renouveler. En effet, chaque fois elle actualisait et renouvelait l’offrande de sa personne entière à Dieu, dans une tension vers une vie consacrée de pauvreté, chasteté et obéissance jusqu’à la mort.

Soyons dans la joie et l’action de grâce ! Prions avec ferveur et insistance pour les trois frères qui ont fait leur profession temporaire, que le Seigneur leur donne la lumière pour la suite et qu’Il accomplisse en eux ce qu’Il a déjà commencé !

Frère Vladimir

Aux jours d’épreuve, tenez bon !

Publié le 23 mars 2020

Alors que le monde entier traverse une période d’épreuve due à la crise du Covid-19, je voudrais partager avec vous la flamme de l’espérance.

Cloitrée, sainte Élisabeth de la Trinité, cette carmélite dijonnaise qui voulait être tout entière une louange de gloire (Laudem gloriae), faisait son apostolat principalement à travers ses écrits : « la foi, c’est le face à face dans les ténèbres », déclarait-elle dans ses Écrits spirituels. C’est un saut dans le vide, à l’image de l’aveugle Bartimée qui jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus, alors même qu’il ne voyait pas encore (cf. Mc 10, 50). En attendant la vision béatifique, notre expérience de Dieu est semblable à celle de deux personnes qui se trouvent dans une pièce obscure, sans lumière. Ils perçoivent leur présence mutuelle et s’entendent réciproquement sans se voir. De même nous aussi, nous entendons d’une certaine manière la voix de Dieu dans sa Parole et le recevons sacramentellement dans l’Eucharistie, sans pour autant le voir tel qu’il est.

Dieu est en effet présent au milieu de nous et en nous, même si nous ne sentons pas, physiquement, sa présence. N’est-ce pas cette ferme conviction de la présence insaisissable de Dieu qui pousse de nombreux hommes et femmes à lui consacrer leur vie et à trouver en lui le bonheur ? Sainte Teresa reconnaissait le Christ dans les plus pauvres des banlieues de Calcutta tandis que saint Jean de la Croix le rencontrait alors qu’il était enfermé par ses frères du carmel. Ainsi, nous n’avons pas à aller chercher le Seigneur au loin, mais à le trouver là où nous sommes, dans nos activités quotidiennes.

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Mais cette présence insaisissable et l’apparente inaction divine sont aussi de nature à provoquer le doute chez beaucoup de personnes, doute allant parfois jusqu’à la négation de l’existence de Dieu ou à la proclamation pure et simple de sa mort. Le philosophe Nietzsche en est un exemple remarquable : « Dieu est mort… » écrivait-il dans son livre Le Gai Savoir . Ces doutes sur le sens de la vie, la toute-puissance de Dieu et l’existence du mal, sont compréhensibles et légitimes. Comment comprendre que Dieu, dont on dit qu’il n’est qu’amour et bonté, soit un spectateur distant de la misère qui frappe ses enfants ? Ces interrogations sont d’autant plus légitimes aujourd’hui. Pourquoi Dieu ne vient-il pas tout de suite au secours des siens qui, de partout, implorent avec tant d’insistance sa miséricorde sur le monde en détresse ? Pourquoi laisse-t-il, visiblement, le virus se propager et continuer à faire des ravages dans la société ? Le silence et l’apparente inaction de Dieu sont-ils synonymes d’absence ou d’inexistence ?

Dieu n’abandonne ni n’ignore ses enfants. Il est miséricordieux et fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment (cf. Rm 8, 28). Dieu peut, d’une situation objectivement dramatique, tirer un plus grand bien pour ses enfants. Prions pour qu’il en soit ainsi de cette situation épidémique qui secoue si violemment le monde. Loin de céder à la panique, à la peur et au doute, saisissons cette occasion de redécouvrir que Dieu est notre Père, qu’il nous aime, qu’il veut notre bien et ne nous abandonne jamais, même si nous ne comprenons pas sa conduite sur nous. « Car il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous » (Rm 8, 18). Ce n’est que dans cette espérance en la promesse de Celui qui ne peut ni se tromper ni nous tromper, que nous pouvons vivre l’épreuve en véritables enfants de Dieu dans la foi et la charité.

Comme autrefois Noé dans l’Arche, restons dans nos maisons en attendant le retour de la colombe (l’Esprit-Saint) qui viendra nous annoncer la libération, la résurrection. Sûrs d’être sous le manteau paternel de saint Joseph, prenons courage et ayons confiance !

Frère Blaise-Marie

→ Pendant le confinement, le prieuré se mobilise pour continuer sa mission auprès de vous.

Éco-théologie?

Publié le 7 février 2020

Du 14 au 15 décembre se déroulait un colloque de théologie à Rimont dont le thème concernait le lien entre le défi écologique et la théologie de la création. La veille du colloque, une journée d’initiation à la théologie était organisée afin de pouvoir suivre au mieux les conférences.

Dans une optique de recherche de vérité, c’était une belle occasion de découvrir la théologie, la pensée de Saint Thomas d’Aquin et aussi de pouvoir écouter des idées opposées à celles du docteur angélique. Les intervenants étaient pour la grande majorité des religieux.

Durant le week-end, nous avons eu également l’occasion de nous retrouver au cours d’une veillée de prière animée par un frère franciscain accompagné par une soprano dont le talent nous a permis d’être dans un grand recueillement.

Ce fut mon premier colloque de théologie et même si nous n’avons pas réussi à tout saisir sur ce thème très pointu, cela donne de la motivation pour s’investir dans les études, dans cette recherche de vérité qui est au cœur de notre vie de frères de Saint Jean. À l’issu de ce colloque, nous sommes invités à être toujours plus responsable de nos actions afin de préserver l’environnement.

Frère Jean-Baptiste de l’Agneau

La Vierge des pauvres

Publié le 7 février 2020

banneux
© Sanctuaire de Banneux Notre Dame
« Je désirerais une petite chapelle. »

Au petit matin du premier jour de la semaine, un frère novice se rend dans cette petite chapelle que la vierge a désirée. Elle est vraiment toute petite. Il fait froid, l’hiver arrive vite en Belgique. Il se devait d’aller saluer en priorité la Reine des lieux. Elle le remercia de sa courtoisie en lui montrant à quel point l’Amour de son Fils pour les hommes est grand. Il pleure…

© Zenit.org
« Je suis la vierge des pauvres. »

« Mais comment, se dit-il, comment se fait-il que le Seigneur tout puissant soit venu pour moi, pour les plus pauvres ? » Dans ce sanctuaire cela est si flagrant. Ici tout rayonne d’une pauvreté virginale, une misère assumée et sauvée. À Banneux, la Mère de notre Sauveur se fait appeler la Vierge des pauvres. De fait, ce lieu reflète, par sa simplicité, la pauvreté des béatitudes. On ne peut que s’écrier avec Élisabeth : « Comment m’est-il donné que vienne à moi la Mère de mon Seigneur ? » (Lc 1,43)

© Sanctuaire de Banneux Notre Dame
« Poussez les mains dans l’eau. »

Un peu plus loin une source, et un doux ordre. Alors on s’exécute. Ce geste est bien pauvre, comme le reste. C’est la foi qui fait briller avec éclat le mystère qui se vit dans les cœurs. La confiance en Marie glorifie tous nos petits gestes ! Tout devient une louange à la gloire de son Fils Jésus. Et sa réponse est sans délai tellement son cœur est débordant de miséricorde. « Du cœur brisé et humilié, Seigneur, tu n’as point de mépris. » (ps 50)

« Je suis venu soulager la souffrance, cette source m’est réservée, elle est réservée pour toutes les nations »

C’est ainsi qu’à l’occasion des habituelles sorties du noviciat (deux semaines dans un prieuré deux fois par an), nous avons vécu un temps de désert chez nos frères de Banneux, tout à côté de ce mémorable lieu de pèlerinage. Nous en avons puisé les grâces particulières autant que possible. Jésus est venu sauver les pauvres que nous sommes !

Frère Pacifique

Grand-Place et Venise du Nord…

Publié le 7 février 2020

Après le silence et la tranquillité du sanctuaire de la Vierge des Pauvres de Banneux, nous sommes partis en direction de Bruxelles, la capitale de la Belgique, pour passer quelques jours avec nos frères, dans leur prieuré qui se trouve à Jette, un quartier un peu excentré.

Nous avons été accueillis par frère Patrick-Marie, notre guide pour les jours à venir. Il nous d’abord fait visiter le prieuré, et nous étions bien impressionnés par ce bâtiment : un vrai monastère, construit au 19e siècle dans le style néo-romantique par les rédemptoristes. De taille imposante, avec de longs couloirs, de haut plafonds et une grande église. Autrefois, le monastère était entouré de champs, maintenant il se retrouve situé au cœur d’un quartier vivant, dans une grande ville!

Après une messe en néerlandais, nous sommes partis visiter le centre de Bruxelles. Nous avons admiré la cathédrale puis la Grand-Place, impressionnante par son architecture témoignant de la richesse et de la grandeur d’une époque passée à laquelle chaque guilde avait sa propre maison, toutes plus belle les unes que les autres. Le commerce de la toile était la source de la prospérité de la Flandre qui importait la laine d’Angleterre. À la fin de cette belle journée, nous avions soif… La proposition de frère Patrick-Marie de nous désaltérer avec une bonne bière belge fut bien accueillie !

Le lendemain nous sommes partis vers Brugge, la Venise du Nord, perle flamande ! Comme la veille, frère Patrick-Marie était notre guide, lui-même natif et ayant grandi à Brugge. Il nous a guidé avec une certaine fierté à travers les rues étroites et les ponts élégants de l’ancien centre de Brugge, très bien conservé. On se croyait au Moyen Âge, avec son architecture typique de brique et ses façades gracieuses : l’ambiance que nous montrent les peintures de Bruegel et Rubens. Pour cette raison, nous ne pouvions pas échapper à la visite d’une exposition dans l’ancien hôpital Saint Jean du peintre flamand, Hans Memling (1433-1494), où sont conservées ses œuvres principales : des compositions religieuses d’un style doux et calme, extrêmement détaillé et précis, et des portraits dont le sujet est représenté dans son cadre familier.

© Routard.com

Bien sûr, nous avons aussi visité les deux principales églises de Brugge : la cathédrale et l’église Notre-Dame, impressionnantes par leur grandeur. C’est pourtant la petite basilique du Saint Sang qui m’a le plus impressionné. Là, se trouve une relique du sang du Christ que l’on peut vénérer. J’ai vraiment été touché pendant l’action de grâce après le petit moment de vénération. En m’étant approché du tissu imprégné du sang précieux de Jésus, sa passion et sa mort me semblaient très proches et très réelles. J’ai réalisé que Jésus avait un vrai corps et qu’Il a donné son précieux sang pour moi, pauvre pécheur…

Frère Richard

Apprendre l’Église par l’icône

Publié le 7 février 2020

Une fois n’est pas coutume, les novices de première année ont participé à un stage d’iconographie! Élisabeth Théréau, iconographe professionnelle, nous a guidés avec beaucoup de pédagogie dans cet art qui est d’ailleurs bien plus qu’un art, c’est un chemin de rencontre avec le Christ fait chair.

Au fil des jours, les visage du Christ et de Marie se sont révélés à nos yeux. Rythmé par la prière du cœur et par un texte biblique, le pinceau, dans nos mains inexpérimentées, tentait tant bien que mal d’écrire le visage de notre Sauveur et de sa Mère Immaculée. Seigneur, fils de Dieu sauveur, prends pitié de moi…  qui essaie de ne pas massacrer ton visage ! Heureusement, les conseils et la main experte d’Élisabeth ont permis de pallier à nos manquements.

Écrire une icône est aussi une rencontre avec nos frères d’Orient, si persécutés en ce moment. L’icône, véritable catéchisme, est une rencontre avec les mystères de la foi à travers la symbolique de la lumière qui se déploie notamment dans chacune des parties du visage. C’est aussi une rencontre avec l’histoire de l’Église et ses luttes contre les hérésies.

Chacun apparaît dans son icône, mais elle est plus que nos capacités, elle est le résultat de notre prière, et aussi de notre acceptation à nous laisser guider par une tradition et par plus expérimenté que soit. N’est-ce pas cela vivre dans l’Église ?

Frère Valentin

Stagiaire au monastère

Publié le 17 janvier 2020

Dans le cadre de notre formation, nous avons l’opportunité de faire un séjour dans une abbaye afin de découvrir de plus près la vie contemplative des moines. Ce précieux moment, que j’attendais impatiemment, arriva enfin. Le 27 octobre, alors que les frères étaient en plein Chapitre Général, comme Moïse, je gravis la colline de l’abbaye de Cîteaux en vue de partager le quotidien de ses habitants pendant deux semaines et aussi, avec eux, élever les mains vers Dieu en faveur de mes frères capitulants. Située en bourgogne, à une vingtaine de kilomètre au sud de Dijon, Cîteaux est un haut lieu de spiritualité vivante. Cette abbaye a donné naissance à d’illustres saints tels Robert de Molesme (abbé fondateur de Cîteaux), Albéric, Bernard de Clairvaux et bien d’autres encore. J’ai été accueilli très fraternellement par frère Raphaël qui fut à la fois mon guide et mon référent. Celui-ci a été un ange pour moi comme le confirme son prénom !

citeaux

Au cours de mon séjour, j’ai été marqué par les hymnes et la psalmodie. Je reste impressionné par le chant mélodieux des moines de Cîteaux. Accompagnés de l’orgue, ces cantiques sublimes vous dilatent le cœur, vous enchantent, vous élèvent jusqu’aux anges et vous font citoyen du ciel ! La sobriété de cette abbaye m’a également touché. Au demeurant, Guillaume de saint Thierry martelait ceci : « à l’âme tendue vers la vie intérieure convient mieux un cadre extérieur simple et sans encombrement ». J’ai aussi appris à me familiariser davantage avec les Écritures à travers la lectio quotidienne, riche et qualifiée. Enfin, la ferveur des anciens moines m’a profondément bouleversé et transformé intérieurement.

J’ai découvert avec joie que le monastère est une école où le moine apprend chaque jour à se conformer au christ ; chaque jour il recommence, c’est une conversion constante. Ce qu’affirmait saint Grégoire de Nysse à son époque : « on va à Dieu par des commencements sans fin ». Le moine est un amoureux, un chercheur de Dieu, il s’occupe de Dieu, il est continuellement en prière. Celle-ci est à la fois individuelle, communautaire et liturgique. La louange, l’action de grâce et l’intercession sont le travail essentiel et fondamental du moine. Pour finir je dirais que le moine, c’est l’homme vivant, parce qu’il reconnaît son créateur et qu’il l’adore ; il loue et glorifie son Dieu Vivant hier, aujourd’hui et demain.

Je reviens de mon stage plus fervent et brûlant d’amour pour Dieu. Deo gratias ! À l’instar des moines, élevons nos prières et nos voix devant Dieu, comme l’encens, afin que son amour descende et demeure sur nous à jamais !

Frère Matthieu de la Croix

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