Aux jours d’épreuve, tenez bon !

Publié le 23 mars 2020

Alors que le monde entier traverse une période d’épreuve due à la crise du Covid-19, je voudrais partager avec vous la flamme de l’espérance.

Cloitrée, sainte Élisabeth de la Trinité, cette carmélite dijonnaise qui voulait être tout entière une louange de gloire (Laudem gloriae), faisait son apostolat principalement à travers ses écrits : « la foi, c’est le face à face dans les ténèbres », déclarait-elle dans ses Écrits spirituels. C’est un saut dans le vide, à l’image de l’aveugle Bartimée qui jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus, alors même qu’il ne voyait pas encore (cf. Mc 10, 50). En attendant la vision béatifique, notre expérience de Dieu est semblable à celle de deux personnes qui se trouvent dans une pièce obscure, sans lumière. Ils perçoivent leur présence mutuelle et s’entendent réciproquement sans se voir. De même nous aussi, nous entendons d’une certaine manière la voix de Dieu dans sa Parole et le recevons sacramentellement dans l’Eucharistie, sans pour autant le voir tel qu’il est.

Dieu est en effet présent au milieu de nous et en nous, même si nous ne sentons pas, physiquement, sa présence. N’est-ce pas cette ferme conviction de la présence insaisissable de Dieu qui pousse de nombreux hommes et femmes à lui consacrer leur vie et à trouver en lui le bonheur ? Sainte Teresa reconnaissait le Christ dans les plus pauvres des banlieues de Calcutta tandis que saint Jean de la Croix le rencontrait alors qu’il était enfermé par ses frères du carmel. Ainsi, nous n’avons pas à aller chercher le Seigneur au loin, mais à le trouver là où nous sommes, dans nos activités quotidiennes.

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Mais cette présence insaisissable et l’apparente inaction divine sont aussi de nature à provoquer le doute chez beaucoup de personnes, doute allant parfois jusqu’à la négation de l’existence de Dieu ou à la proclamation pure et simple de sa mort. Le philosophe Nietzsche en est un exemple remarquable : « Dieu est mort… » écrivait-il dans son livre Le Gai Savoir . Ces doutes sur le sens de la vie, la toute-puissance de Dieu et l’existence du mal, sont compréhensibles et légitimes. Comment comprendre que Dieu, dont on dit qu’il n’est qu’amour et bonté, soit un spectateur distant de la misère qui frappe ses enfants ? Ces interrogations sont d’autant plus légitimes aujourd’hui. Pourquoi Dieu ne vient-il pas tout de suite au secours des siens qui, de partout, implorent avec tant d’insistance sa miséricorde sur le monde en détresse ? Pourquoi laisse-t-il, visiblement, le virus se propager et continuer à faire des ravages dans la société ? Le silence et l’apparente inaction de Dieu sont-ils synonymes d’absence ou d’inexistence ?

Dieu n’abandonne ni n’ignore ses enfants. Il est miséricordieux et fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment (cf. Rm 8, 28). Dieu peut, d’une situation objectivement dramatique, tirer un plus grand bien pour ses enfants. Prions pour qu’il en soit ainsi de cette situation épidémique qui secoue si violemment le monde. Loin de céder à la panique, à la peur et au doute, saisissons cette occasion de redécouvrir que Dieu est notre Père, qu’il nous aime, qu’il veut notre bien et ne nous abandonne jamais, même si nous ne comprenons pas sa conduite sur nous. « Car il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous » (Rm 8, 18). Ce n’est que dans cette espérance en la promesse de Celui qui ne peut ni se tromper ni nous tromper, que nous pouvons vivre l’épreuve en véritables enfants de Dieu dans la foi et la charité.

Comme autrefois Noé dans l’Arche, restons dans nos maisons en attendant le retour de la colombe (l’Esprit-Saint) qui viendra nous annoncer la libération, la résurrection. Sûrs d’être sous le manteau paternel de saint Joseph, prenons courage et ayons confiance !

Frère Blaise-Marie

→ Pendant le confinement, le prieuré se mobilise pour continuer sa mission auprès de vous.

Éco-théologie?

Publié le 7 février 2020

Du 14 au 15 décembre se déroulait un colloque de théologie à Rimont dont le thème concernait le lien entre le défi écologique et la théologie de la création. La veille du colloque, une journée d’initiation à la théologie était organisée afin de pouvoir suivre au mieux les conférences.

Dans une optique de recherche de vérité, c’était une belle occasion de découvrir la théologie, la pensée de Saint Thomas d’Aquin et aussi de pouvoir écouter des idées opposées à celles du docteur angélique. Les intervenants étaient pour la grande majorité des religieux.

Durant le week-end, nous avons eu également l’occasion de nous retrouver au cours d’une veillée de prière animée par un frère franciscain accompagné par une soprano dont le talent nous a permis d’être dans un grand recueillement.

Ce fut mon premier colloque de théologie et même si nous n’avons pas réussi à tout saisir sur ce thème très pointu, cela donne de la motivation pour s’investir dans les études, dans cette recherche de vérité qui est au cœur de notre vie de frères de Saint Jean. À l’issu de ce colloque, nous sommes invités à être toujours plus responsable de nos actions afin de préserver l’environnement.

Frère Jean-Baptiste de l’Agneau

La Vierge des pauvres

Publié le 7 février 2020

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© Sanctuaire de Banneux Notre Dame
« Je désirerais une petite chapelle. »

Au petit matin du premier jour de la semaine, un frère novice se rend dans cette petite chapelle que la vierge a désirée. Elle est vraiment toute petite. Il fait froid, l’hiver arrive vite en Belgique. Il se devait d’aller saluer en priorité la Reine des lieux. Elle le remercia de sa courtoisie en lui montrant à quel point l’Amour de son Fils pour les hommes est grand. Il pleure…

© Zenit.org
« Je suis la vierge des pauvres. »

« Mais comment, se dit-il, comment se fait-il que le Seigneur tout puissant soit venu pour moi, pour les plus pauvres ? » Dans ce sanctuaire cela est si flagrant. Ici tout rayonne d’une pauvreté virginale, une misère assumée et sauvée. À Banneux, la Mère de notre Sauveur se fait appeler la Vierge des pauvres. De fait, ce lieu reflète, par sa simplicité, la pauvreté des béatitudes. On ne peut que s’écrier avec Élisabeth : « Comment m’est-il donné que vienne à moi la Mère de mon Seigneur ? » (Lc 1,43)

© Sanctuaire de Banneux Notre Dame
« Poussez les mains dans l’eau. »

Un peu plus loin une source, et un doux ordre. Alors on s’exécute. Ce geste est bien pauvre, comme le reste. C’est la foi qui fait briller avec éclat le mystère qui se vit dans les cœurs. La confiance en Marie glorifie tous nos petits gestes ! Tout devient une louange à la gloire de son Fils Jésus. Et sa réponse est sans délai tellement son cœur est débordant de miséricorde. « Du cœur brisé et humilié, Seigneur, tu n’as point de mépris. » (ps 50)

« Je suis venu soulager la souffrance, cette source m’est réservée, elle est réservée pour toutes les nations »

C’est ainsi qu’à l’occasion des habituelles sorties du noviciat (deux semaines dans un prieuré deux fois par an), nous avons vécu un temps de désert chez nos frères de Banneux, tout à côté de ce mémorable lieu de pèlerinage. Nous en avons puisé les grâces particulières autant que possible. Jésus est venu sauver les pauvres que nous sommes !

Frère Pacifique

Grand-Place et Venise du Nord…

Publié le 7 février 2020

Après le silence et la tranquillité du sanctuaire de la Vierge des Pauvres de Banneux, nous sommes partis en direction de Bruxelles, la capitale de la Belgique, pour passer quelques jours avec nos frères, dans leur prieuré qui se trouve à Jette, un quartier un peu excentré.

Nous avons été accueillis par frère Patrick-Marie, notre guide pour les jours à venir. Il nous d’abord fait visiter le prieuré, et nous étions bien impressionnés par ce bâtiment : un vrai monastère, construit au 19e siècle dans le style néo-romantique par les rédemptoristes. De taille imposante, avec de longs couloirs, de haut plafonds et une grande église. Autrefois, le monastère était entouré de champs, maintenant il se retrouve situé au cœur d’un quartier vivant, dans une grande ville!

Après une messe en néerlandais, nous sommes partis visiter le centre de Bruxelles. Nous avons admiré la cathédrale puis la Grand-Place, impressionnante par son architecture témoignant de la richesse et de la grandeur d’une époque passée à laquelle chaque guilde avait sa propre maison, toutes plus belle les unes que les autres. Le commerce de la toile était la source de la prospérité de la Flandre qui importait la laine d’Angleterre. À la fin de cette belle journée, nous avions soif… La proposition de frère Patrick-Marie de nous désaltérer avec une bonne bière belge fut bien accueillie !

Le lendemain nous sommes partis vers Brugge, la Venise du Nord, perle flamande ! Comme la veille, frère Patrick-Marie était notre guide, lui-même natif et ayant grandi à Brugge. Il nous a guidé avec une certaine fierté à travers les rues étroites et les ponts élégants de l’ancien centre de Brugge, très bien conservé. On se croyait au Moyen Âge, avec son architecture typique de brique et ses façades gracieuses : l’ambiance que nous montrent les peintures de Bruegel et Rubens. Pour cette raison, nous ne pouvions pas échapper à la visite d’une exposition dans l’ancien hôpital Saint Jean du peintre flamand, Hans Memling (1433-1494), où sont conservées ses œuvres principales : des compositions religieuses d’un style doux et calme, extrêmement détaillé et précis, et des portraits dont le sujet est représenté dans son cadre familier.

© Routard.com

Bien sûr, nous avons aussi visité les deux principales églises de Brugge : la cathédrale et l’église Notre-Dame, impressionnantes par leur grandeur. C’est pourtant la petite basilique du Saint Sang qui m’a le plus impressionné. Là, se trouve une relique du sang du Christ que l’on peut vénérer. J’ai vraiment été touché pendant l’action de grâce après le petit moment de vénération. En m’étant approché du tissu imprégné du sang précieux de Jésus, sa passion et sa mort me semblaient très proches et très réelles. J’ai réalisé que Jésus avait un vrai corps et qu’Il a donné son précieux sang pour moi, pauvre pécheur…

Frère Richard

Apprendre l’Église par l’icône

Publié le 7 février 2020

Une fois n’est pas coutume, les novices de première année ont participé à un stage d’iconographie! Élisabeth Théréau, iconographe professionnelle, nous a guidés avec beaucoup de pédagogie dans cet art qui est d’ailleurs bien plus qu’un art, c’est un chemin de rencontre avec le Christ fait chair.

Au fil des jours, les visage du Christ et de Marie se sont révélés à nos yeux. Rythmé par la prière du cœur et par un texte biblique, le pinceau, dans nos mains inexpérimentées, tentait tant bien que mal d’écrire le visage de notre Sauveur et de sa Mère Immaculée. Seigneur, fils de Dieu sauveur, prends pitié de moi…  qui essaie de ne pas massacrer ton visage ! Heureusement, les conseils et la main experte d’Élisabeth ont permis de pallier à nos manquements.

Écrire une icône est aussi une rencontre avec nos frères d’Orient, si persécutés en ce moment. L’icône, véritable catéchisme, est une rencontre avec les mystères de la foi à travers la symbolique de la lumière qui se déploie notamment dans chacune des parties du visage. C’est aussi une rencontre avec l’histoire de l’Église et ses luttes contre les hérésies.

Chacun apparaît dans son icône, mais elle est plus que nos capacités, elle est le résultat de notre prière, et aussi de notre acceptation à nous laisser guider par une tradition et par plus expérimenté que soit. N’est-ce pas cela vivre dans l’Église ?

Frère Valentin

Stagiaire au monastère

Publié le 17 janvier 2020

Dans le cadre de notre formation, nous avons l’opportunité de faire un séjour dans une abbaye afin de découvrir de plus près la vie contemplative des moines. Ce précieux moment, que j’attendais impatiemment, arriva enfin. Le 27 octobre, alors que les frères étaient en plein Chapitre Général, comme Moïse, je gravis la colline de l’abbaye de Cîteaux en vue de partager le quotidien de ses habitants pendant deux semaines et aussi, avec eux, élever les mains vers Dieu en faveur de mes frères capitulants. Située en bourgogne, à une vingtaine de kilomètre au sud de Dijon, Cîteaux est un haut lieu de spiritualité vivante. Cette abbaye a donné naissance à d’illustres saints tels Robert de Molesme (abbé fondateur de Cîteaux), Albéric, Bernard de Clairvaux et bien d’autres encore. J’ai été accueilli très fraternellement par frère Raphaël qui fut à la fois mon guide et mon référent. Celui-ci a été un ange pour moi comme le confirme son prénom !

citeaux

Au cours de mon séjour, j’ai été marqué par les hymnes et la psalmodie. Je reste impressionné par le chant mélodieux des moines de Cîteaux. Accompagnés de l’orgue, ces cantiques sublimes vous dilatent le cœur, vous enchantent, vous élèvent jusqu’aux anges et vous font citoyen du ciel ! La sobriété de cette abbaye m’a également touché. Au demeurant, Guillaume de saint Thierry martelait ceci : « à l’âme tendue vers la vie intérieure convient mieux un cadre extérieur simple et sans encombrement ». J’ai aussi appris à me familiariser davantage avec les Écritures à travers la lectio quotidienne, riche et qualifiée. Enfin, la ferveur des anciens moines m’a profondément bouleversé et transformé intérieurement.

J’ai découvert avec joie que le monastère est une école où le moine apprend chaque jour à se conformer au christ ; chaque jour il recommence, c’est une conversion constante. Ce qu’affirmait saint Grégoire de Nysse à son époque : « on va à Dieu par des commencements sans fin ». Le moine est un amoureux, un chercheur de Dieu, il s’occupe de Dieu, il est continuellement en prière. Celle-ci est à la fois individuelle, communautaire et liturgique. La louange, l’action de grâce et l’intercession sont le travail essentiel et fondamental du moine. Pour finir je dirais que le moine, c’est l’homme vivant, parce qu’il reconnaît son créateur et qu’il l’adore ; il loue et glorifie son Dieu Vivant hier, aujourd’hui et demain.

Je reviens de mon stage plus fervent et brûlant d’amour pour Dieu. Deo gratias ! À l’instar des moines, élevons nos prières et nos voix devant Dieu, comme l’encens, afin que son amour descende et demeure sur nous à jamais !

Frère Matthieu de la Croix

Chasse aux trésors

Publié le 3 décembre 2019

Le Prieuré des Frères de Saint Jean occupe à Saint Jodard l’ancien Petit Séminaire dont les origines remontent à l’époque de la terreur, à 1796 exactement.

Depuis, son histoire est émaillée de multiples péripéties : dangers révolutionnaires, menaces napoléoniennes, incendies, reconstructions, séparation de l’Église et de l’état, transformations en sanatorium, en camps de prisonniers, en maison d’Éducation Surveillée, et arrivée des frères de Saint Jean en 1983.

De ce passé, peu de vestiges, jusqu’à ce que des travaux permettent la découverte par-ci par-là d’objets variés : morceaux de vaisselles, quelques cahiers de classes, objets médicaux… Puis l’organisation de visites avec l’Office de Tourisme Intercommunal nous a poussé à faire quelques recherches aux Archives Diocésaines et Départementales et certains amis voisins nous ont confiés des copies de documents familiaux. Petit à petit l’histoire s’éclaircit un peu.

Une part du trésor : cahier de petit séminariste, vaisselle et monnaie de différentes époques, instruments de soin du sanatorium…

La chasse aux trésors est donc ouverte !

Afin de compléter nos sources et notre petite collection, nous venons faire appel à vos souvenirs de familles : auriez-vous des photos, des cahiers de classe, des courriers, des objets… venant de vos aïeux proches ou lointains qui auraient connu, le Petit Séminaire ? Le sanatorium ? L’Institut Public d’Éducation Surveillée ? Ou même la Révolution ? Et que vous pourriez nous prêter, nous confier, nous permettre d’en faire des copies, des photos… Tout est intéressant. Et puis, ce sera l’occasion de faire connaissance.

Vous pouvez contacter frère Joseph au 07 52 04 16 61, par mail à frere.joseph.d@gmail.com, par courrier ou par visite au 162 place Léonard Perrier, 42590 SAINT JODARD.

Merci et à bientôt.

Frère Joseph

Lettre ouverte au Prieur Général

Publié le 14 octobre 2019

Le bulletin inter-paroissial En équipe a publié, dans son numéro d’octobre, une lettre ouverte signée du président de l’association de rédaction et adressée au Prieur Général des Frères de Saint Jean à l’occasion du Chapitre Général. Nous en partageons ici le contenu.

Cher père,

De tous côtés me parviennent des questions concernant votre communauté installée depuis près de 40 ans à Saint-Jodard.

De nos trois paroisses et de nos trente-sept clochers, et quelles que soient les proximités des populations locales avec l’Église et leurs assiduités aux offices, une même inquiétude se manifeste quant au maintien du noviciat et du studium de philosophie à Saint-Jodard.

Vous avez contribué, avec constance et en dépit d’épreuves difficiles, à la vie pastorale de manière significative : pour les sacrements, l’accueil des collégiens, lycéens, étudiants, les scouts, les parcours Alpha, les temps de ressourcement, de repos et de retraites, les accompagnements spirituels, les Équipes Notre-Dame ou autres, l’accueil de personnes en difficulté et cette liste est loin d’être exhaustive.

S’il est entendu et compris que nous ne sommes pas appelés à participer aux décisions qui ressortiront à l’issue de votre chapitre général, entendez ces échos qui viennent de nos villages et que j’essaie de vous exposer comme suit.

Nous vous remercions de vos multiples contributions, vous nous êtes précieux par vos actions pastorales.

Enfin, soyez certains, vous et votre communauté, de notre attachement profond mais aussi de notre capacité à vous soutenir par nos prières et par la publication de vos suggestions et sollicitations.

Soyez assuré de notre respectueuse considération.

Guy de Fréminville, président de l’associatio

Article du journal En Équipe

 

→ L’article publié dans le journal En équipe du mois d’octobre.

 

Philo vs. théologie sur le terrain

Publié le 11 octobre 2019

« Voyez ! Qu’il est bon, qu’il est doux d’habiter en frères tous ensemble » (Ps 132, 1.)

Habiter en frères tous ensemble à la suite du Christ pour témoigner de son amour ! Telle est notre vie impliquant des temps gratuits de rencontre fraternelle pour mieux savourer cette douceur et cette bonté de la vie communautaire en amis de Jésus. C’est dans ce cadre qu’est organisé chaque année une rencontre fraternelle entre les frères de Rimont (la maison de théologie et la maison-mère) et ceux de Saint-Jodard autour d’un match de football. Cette année, c’est nous qui avons eu l’opportunité d’accueillir à Saint Jodard nos aînés du prieuré de Rimont pour vivre ce temps fort en famille.

La prière avant tout. En début d’après-midi, nous nous sommes rendus, avec beaucoup de détermination mais dans un climat fraternel, sur le terrain. C’est après avoir confié ce temps au Seigneur que le coup d’envoi fut donné pour un match de 70 minutes, avec 10 minutes de pause après la première mi-temps. A part quelques frères qui étaient sur les bancs de touche, il n’y avait pas d’autres spectateurs.

La charité gagne. Telle est notre première règle de jeu, qui sous-entend que seul compte l’amour fraternel, le temps passé ensemble, la joie partagée et non en premier lieu la victoire ou la performance réalisée. Mais cela ne me sert pas d’excuse pour camoufler le score, qui était de 3 buts à 2 en faveur des frères de Rimont. Félicitations à eux et particulièrement à l’équipe qui les a représentés!

Le match terminé, nous nous sommes réunis autour d’un goûter, suivi des vêpres, de l’adoration, du dîner et des services en cuisine. Là aussi, la joie du partage fut d’une qualité exceptionnelle. Ce temps fut donc pour nous un moment d’action de grâces pour la belle vocation que le Seigneur nous a donnée en nous permettant de vivre cette parole de son Fils : « ce qui montrera aux hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jean 13, 35).

Je ne saurais terminer sans rapporter ici cette intuition d’un petit enfant lors d’une session des familles cet été à Corbara (en Corse) qui, à la question posée à sa famille : « si vous rencontriez le pape aujourd’hui en audience privée, quel conseil lui donneriez-vous ? », répondait : « je lui demanderais de créer une équipe de football pour représenter le Vatican et l’Église… ». Cela montre la place qu’occupe aujourd’hui ce sport mondial, même dans l’esprit des tout-petits). Il est bon, aujourd’hui, comme chrétiens, de nous servir de ce moyen pour transmettre la vie, la lumière et l’amour du ressuscité.

Frère Blaise-Marie

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