Éco-théologie?

Publié le 7 février 2020

Du 14 au 15 décembre se déroulait un colloque de théologie à Rimont dont le thème concernait le lien entre le défi écologique et la théologie de la création. La veille du colloque, une journée d’initiation à la théologie était organisée afin de pouvoir suivre au mieux les conférences.

Dans une optique de recherche de vérité, c’était une belle occasion de découvrir la théologie, la pensée de Saint Thomas d’Aquin et aussi de pouvoir écouter des idées opposées à celles du docteur angélique. Les intervenants étaient pour la grande majorité des religieux.

Durant le week-end, nous avons eu également l’occasion de nous retrouver au cours d’une veillée de prière animée par un frère franciscain accompagné par une soprano dont le talent nous a permis d’être dans un grand recueillement.

Ce fut mon premier colloque de théologie et même si nous n’avons pas réussi à tout saisir sur ce thème très pointu, cela donne de la motivation pour s’investir dans les études, dans cette recherche de vérité qui est au cœur de notre vie de frères de Saint Jean. À l’issu de ce colloque, nous sommes invités à être toujours plus responsable de nos actions afin de préserver l’environnement.

Frère Jean-Baptiste de l’Agneau

La Vierge des pauvres

Publié le 7 février 2020

banneux
© Sanctuaire de Banneux Notre Dame
« Je désirerais une petite chapelle. »

Au petit matin du premier jour de la semaine, un frère novice se rend dans cette petite chapelle que la vierge a désirée. Elle est vraiment toute petite. Il fait froid, l’hiver arrive vite en Belgique. Il se devait d’aller saluer en priorité la Reine des lieux. Elle le remercia de sa courtoisie en lui montrant à quel point l’Amour de son Fils pour les hommes est grand. Il pleure…

© Zenit.org
« Je suis la vierge des pauvres. »

« Mais comment, se dit-il, comment se fait-il que le Seigneur tout puissant soit venu pour moi, pour les plus pauvres ? » Dans ce sanctuaire cela est si flagrant. Ici tout rayonne d’une pauvreté virginale, une misère assumée et sauvée. À Banneux, la Mère de notre Sauveur se fait appeler la Vierge des pauvres. De fait, ce lieu reflète, par sa simplicité, la pauvreté des béatitudes. On ne peut que s’écrier avec Élisabeth : « Comment m’est-il donné que vienne à moi la Mère de mon Seigneur ? » (Lc 1,43)

© Sanctuaire de Banneux Notre Dame
« Poussez les mains dans l’eau. »

Un peu plus loin une source, et un doux ordre. Alors on s’exécute. Ce geste est bien pauvre, comme le reste. C’est la foi qui fait briller avec éclat le mystère qui se vit dans les cœurs. La confiance en Marie glorifie tous nos petits gestes ! Tout devient une louange à la gloire de son Fils Jésus. Et sa réponse est sans délai tellement son cœur est débordant de miséricorde. « Du cœur brisé et humilié, Seigneur, tu n’as point de mépris. » (ps 50)

« Je suis venu soulager la souffrance, cette source m’est réservée, elle est réservée pour toutes les nations »

C’est ainsi qu’à l’occasion des habituelles sorties du noviciat (deux semaines dans un prieuré deux fois par an), nous avons vécu un temps de désert chez nos frères de Banneux, tout à côté de ce mémorable lieu de pèlerinage. Nous en avons puisé les grâces particulières autant que possible. Jésus est venu sauver les pauvres que nous sommes !

Frère Pacifique

Grand-Place et Venise du Nord…

Publié le 7 février 2020

Après le silence et la tranquillité du sanctuaire de la Vierge des Pauvres de Banneux, nous sommes partis en direction de Bruxelles, la capitale de la Belgique, pour passer quelques jours avec nos frères, dans leur prieuré qui se trouve à Jette, un quartier un peu excentré.

Nous avons été accueillis par frère Patrick-Marie, notre guide pour les jours à venir. Il nous d’abord fait visiter le prieuré, et nous étions bien impressionnés par ce bâtiment : un vrai monastère, construit au 19e siècle dans le style néo-romantique par les rédemptoristes. De taille imposante, avec de longs couloirs, de haut plafonds et une grande église. Autrefois, le monastère était entouré de champs, maintenant il se retrouve situé au cœur d’un quartier vivant, dans une grande ville!

Après une messe en néerlandais, nous sommes partis visiter le centre de Bruxelles. Nous avons admiré la cathédrale puis la Grand-Place, impressionnante par son architecture témoignant de la richesse et de la grandeur d’une époque passée à laquelle chaque guilde avait sa propre maison, toutes plus belle les unes que les autres. Le commerce de la toile était la source de la prospérité de la Flandre qui importait la laine d’Angleterre. À la fin de cette belle journée, nous avions soif… La proposition de frère Patrick-Marie de nous désaltérer avec une bonne bière belge fut bien accueillie !

Le lendemain nous sommes partis vers Brugge, la Venise du Nord, perle flamande ! Comme la veille, frère Patrick-Marie était notre guide, lui-même natif et ayant grandi à Brugge. Il nous a guidé avec une certaine fierté à travers les rues étroites et les ponts élégants de l’ancien centre de Brugge, très bien conservé. On se croyait au Moyen Âge, avec son architecture typique de brique et ses façades gracieuses : l’ambiance que nous montrent les peintures de Bruegel et Rubens. Pour cette raison, nous ne pouvions pas échapper à la visite d’une exposition dans l’ancien hôpital Saint Jean du peintre flamand, Hans Memling (1433-1494), où sont conservées ses œuvres principales : des compositions religieuses d’un style doux et calme, extrêmement détaillé et précis, et des portraits dont le sujet est représenté dans son cadre familier.

© Routard.com

Bien sûr, nous avons aussi visité les deux principales églises de Brugge : la cathédrale et l’église Notre-Dame, impressionnantes par leur grandeur. C’est pourtant la petite basilique du Saint Sang qui m’a le plus impressionné. Là, se trouve une relique du sang du Christ que l’on peut vénérer. J’ai vraiment été touché pendant l’action de grâce après le petit moment de vénération. En m’étant approché du tissu imprégné du sang précieux de Jésus, sa passion et sa mort me semblaient très proches et très réelles. J’ai réalisé que Jésus avait un vrai corps et qu’Il a donné son précieux sang pour moi, pauvre pécheur…

Frère Richard

Apprendre l’Église par l’icône

Publié le 7 février 2020

Une fois n’est pas coutume, les novices de première année ont participé à un stage d’iconographie! Élisabeth Théréau, iconographe professionnelle, nous a guidés avec beaucoup de pédagogie dans cet art qui est d’ailleurs bien plus qu’un art, c’est un chemin de rencontre avec le Christ fait chair.

Au fil des jours, les visage du Christ et de Marie se sont révélés à nos yeux. Rythmé par la prière du cœur et par un texte biblique, le pinceau, dans nos mains inexpérimentées, tentait tant bien que mal d’écrire le visage de notre Sauveur et de sa Mère Immaculée. Seigneur, fils de Dieu sauveur, prends pitié de moi…  qui essaie de ne pas massacrer ton visage ! Heureusement, les conseils et la main experte d’Élisabeth ont permis de pallier à nos manquements.

Écrire une icône est aussi une rencontre avec nos frères d’Orient, si persécutés en ce moment. L’icône, véritable catéchisme, est une rencontre avec les mystères de la foi à travers la symbolique de la lumière qui se déploie notamment dans chacune des parties du visage. C’est aussi une rencontre avec l’histoire de l’Église et ses luttes contre les hérésies.

Chacun apparaît dans son icône, mais elle est plus que nos capacités, elle est le résultat de notre prière, et aussi de notre acceptation à nous laisser guider par une tradition et par plus expérimenté que soit. N’est-ce pas cela vivre dans l’Église ?

Frère Valentin

Famille et vocation : témoignage

Publié le 7 février 2020

Il est habituel pour les novices de première année de quitter la maison de formation afin de passer une semaine en famille, juste après avoir célébré notre père Saint Jean en communauté, le 27 décembre. Mais quel est le sens d’un temps en famille à peine 3 mois après le début du noviciat ? Le novice n’aurait-il pas dû être plutôt « retiré du monde » pour entrer dans un cœur à cœur avec Celui dont il se sait aimé et qui l’a appelé par son nom ? Ce temps nous est-il donné seulement en vue de passer un bon moment en famille pendant le temps liturgique de Noël, si étroitement lié à la dimension familiale ? Je crois bien que c’est l’une des raisons, et même une très bonne raison. Mais il y a plus !

hiverPour moi, les 10 jours passés en famille ont été d’une richesse et d’une qualité auxquelles je ne m’attendais pas. Les bons moments n’ont pas manqué bien sûr, mais ils ont surtout été marqués par la découverte d’une capacité nouvelle à accueillir mes parents, et aussi par une recherche sincère de réconciliation là où il y en avait besoin. En même temps, j’ai pu expérimenter que, même si l’appel du Christ est avant tout pour moi et non pour mes parents, eux aussi sont impliqués. D’abord parce qu’ils subissent le départ de leur enfant, mais aussi parce que l’irruption visible du Seigneur dans la vie d’un des membres de la famille entraîne un effet sur les autres. Il n’est pas négligeable non plus que ce moment passé ensemble nous ait permis de trouver un nouvel élan en tant que famille mais aussi en tant que personnes chrétiennes, chacun en relation avec Dieu, à sa manière propre.

En conclusion, je me rends compte d’avoir reçu la grâce d’une famille qui m’encourage à poser mon propre choix d’état de vie devant le Seigneur. Je connais cependant le cas d’une personne qui cheminait vers le sacerdoce diocésain et qui a dû subir l’opposition de sa famille. Il a malgré tout posé son propre choix et reçu le sacrement de l’ordre. Alors, quelle est la juste place de la famille dans le choix de l’état de vie ?

Frère Alexandru

Le lieu de la Parole

Publié le 27 septembre 2019

Il est des traditions que l’on n’explique plus, tant les années et les hommes ont suivi leurs sillons. Le désert de Montmorin en fait partie. Dans notre Communauté, chaque promotion de frères, avant d’entrer dans la seconde année du noviciat, vit deux mois de « désert ».

Rassurons immédiatement les esprits les plus inquiets : cette appellation puise son origine dans la bible ; en hébreu, le désert se dit « Mid-bâr », littéralement « le lieu de la parole ». Et c’est bien de cela dont il s’agit.

Le désert est plus une mise en présence, qu’une froide absence ; plus une recherche de plénitude qu’un vide délétère, plus un retour à la source qu’une négation de soi. Il est par excellence le temps de l’écoute. Le silence et la solitude ne peuvent se comprendre pour nous que dans la lumière de la présence d’un Dieu « plus intime à moi-même que moi-même » (St Augustin).

Cette recherche de Dieu et de soi dans le regard de Dieu et l’écoute du cœur s’est traduite par une vie simple et dépouillée, tutorée par un programme relativement léger.

Après la messe de 7h00, nos matinées se passent en solitude, nous nous retrouvons pour un temps de chantier communautaire (peinture, défrichage, récolte de pommes de terre (!), etc.), puis un moment d’échange et le reste de la soirée que l’on vit ensemble.

Quelques activités sont venues agrémenter notre séjour : randonnées, escapades chez nos sœurs de Terre-Basse, à l’abbaye de Rosans, au monastère orthodoxe d’Aspres, à la Salette

Le noviciat, au sommet!

Le sommet de cet été fut sans doute l’expérience de la vie en ermitage (2 × 1 semaine), durant laquelle s’est creusée — plus que jamais – cette soif de Dieu dans une prière plus contemplative, plus simple et peut-être plus vraie. Ce sont des évènements marquants qui nous ont donnés de la force et du désir pour « affronter » cette nouvelle année, ensemble. Plus que jamais nous est apparu le lien indissociable entre vie contemplative et vie fraternelle. Nous tendons à former un « Nous », bien plus que la simple somme de nos êtres : un « Nous-Communauté », un « Nous-un », un « Nous-Eglise ». Telle est sûrement notre vocation.

Et c’est dans le silence de nos cœurs et la pauvreté de nos vies que nous vous avons tous portés auprès de Dieu, assurés, comme le dit si bien Paul Valéry, que :

Ces jours qui te semblent vides
Et perdus pour l’univers
Ont des racines avides
Qui travaillent les déserts
[…]
Patient, patience,
Patience dans l’azur!
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr !

Frère Raphaël

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Choisir dans la liberté

Publié le 27 septembre 2019

C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruits et deveniez mes disciples” (Jn 15,8)

Le temps passe vite, en un clin d’œil l’automne est déjà arrivé. J’aime l’automne parce que c’est une saison qui porte beaucoup de fruits. Depuis l’année dernière les frères novices ont commencé à faire de la permaculture. À ce jour nous avons déjà récolté quarante kilos de petites tomates. Mais au jardin du noviciat, un fruit spirituel a aussi mûri : au bout de deux ans de noviciat, frère Jean-Marie de la Croix a enfin décidé de faire sa profession temporaire le 20 octobre à Saint Jodard. Voici ce que je veux vous partager…

Pendant la prière, j’ai toujours entendu les paroles que, Jésus a dit à Pierre : « Est-ce que tu m’aimes ? ». Avec l’aide de mes frères formateurs j’ai pris conscience petit à petit des fondements de la profession : une relation intime avec Dieu dans la liberté pour faire un vrai discernement. Maintenant, d’un cœur libre et sincère, j’ai décidé de prononcer mes vœux et ainsi répondre à la question du Seigneur : « Oui Seigneur, Tu sais tout, Tu sais bien que je t’aime ».

Frère Jean-Marie de la Croix

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Huile essentielle de charité

Publié le 27 septembre 2019

Au fond de la vallée, une vielle bâtisse provençale abrite quatre religieuses. Les lavandes en fleur qui y foisonnent attirent à elles une multitude de papillons de toutes espèces. Les habitantes de ce lieu en sont émerveillées, elles louent le Seigneur chaque jour pour la beauté de sa Création. La lavande… Quelle merveille ! C’est beau, ça sent bon et c’est… rentable ! Et oui, elle ne sont pas folles nos sœurs ! Il faut bien vivre et donc travailler pour coopérer activement à la grâce et à la providence de Dieu. De ces épis fleuris, elles extirpent quelques litres d’une huile essentielle précieuse.

Sœur Francesca, voyant le jour de la récolte arriver, proposa à ses frères de communauté de venir participer aux festivités. Tout novice qu’ils étaient, leur père maître accepta de les envoyer rendre ce service fraternel. Sœur Sophia les accueillit chaleureusement et distilla, avant la lavande, un peu de sa sagesse à ses petits frères. Le premier jour de la récolte une vingtaine de voisins vinrent donner un coup de faucille. Des enfants, des jeunes et des vieux se réjouirent ensemble dans une entraide amicale et bon enfant. Sœur Marie-Liesse prépara un repas qui nous rassasia dans la joie et nous donna la force de continuer le travail. De retour au champ, sœur Christine-Marie ramassait les épis de lavande perdus dans les broussailles avec soin… pas de perte ! Ici on aime le travail bien fait.

Le deuxième jour il ne restait plus que frères et sœurs qui travaillèrent ensemble dans la joie jusqu’au soir. Déjà il était temps de se quitter, la tache étant achevée. À ce moment-là, nos quatre sœurs et leurs frères réalisèrent que ce fût un immense cadeau du Ciel d’avoir passé ces derniers jours ensemble. Les heures de travail, la vie de prière et les repas partagés avaient tissé, discrètement, d’authentiques liens fraternels. En se quittant le cœur gros, chacun savait que ces liens s’approfondissent et s’accomplissent dans la prière. Tournés vers Celui qui les avait réuni dans une même famille, ils rendaient grâce.

Frère Pacifique

→ Se renseigner sur l’artisanat des sœurs contemplatives de St Jean.

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La fécondité du désert

Publié le 27 septembre 2019

Durant les deux mois passés à Montmorin, nous avons chacun eu la possibilité de vivre au moins une semaine de solitude radicale en ermitage. Nous étions répartis aux quatre coins de la colline, dans de modestes cahutes isolées de tout. Nous nous retrouvions seulement pour faire Église autour de l’Eucharistie. Tels de petits ruisseaux nous descendions de la montagne vers l’océan. Pendant un instant nous ne faisions qu’un dans la chapelle Notre Dame de la Paix. Puis nous remontions le courant jusque dans nos maisonnettes où la source nous attendait pour prolonger notre unité silencieusement. De fait, dans chaque ermitage il y a la présence réelle de Jésus dans un petit tabernacle.

Chapelle Notre Dame de la Paix

Par les rafales d’un vent brûlant s’envole la poussière sous mes pas. Le soleil impitoyable ne laisse aucune chance à la vie, la moindre trace d’humidité s’évapore instantanément. “Mon palet est sec comme un tesson”, mes genoux chancellent, ma vue se trouble… Il n’y a rien ! “Jusques à quand Seigneur m’oublieras-tu ? Jusques à quand mettrai-je en mon âme la révolte ?” Dans ma supplication je continue cette marche éprouvante avec persévérance… Mon âme a soif de Toi ! À cet instant me parvint, du sommet d’une dune un éclat de lumière comme un reflet vacillant. Je m’arrête et fixe cette infime point lumineux : ” Qui vient donc m’importuner “- rupture du flux de ma lamentation ! » En regardant plus attentivement je peux distinguer de belles nuances dans cette nouvelle lumière. Je veux en avoir le cœur net : poussé par une force surnaturelle, je quitte mon itinéraire sans but et gravis le monstre de sable. Arrivé sur les hauteurs, je vois clair, c’est bien de l’eau qui jaillit. Une source si pure et si christ-alline que j’ose à peine m’y abreuver. J’y trempe tout de même les lèvres avec confiance et en suis éternellement rassasié.

Ainsi en était-il dans le désert de mon âme durant ce temps de solitude. Je savais que Dieu était là comme une source cachée et cela me suffisait. Acceptation de mon néant pour être introduit gratuitement, par pur amour dans l’Être Éternel. C’est cela la fécondité du désert.

Frère Pacifique

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