Le lieu de la Parole

Publié le 27 septembre 2019

Il est des traditions que l’on n’explique plus, tant les années et les hommes ont suivi leurs sillons. Le désert de Montmorin en fait partie. Dans notre Communauté, chaque promotion de frères, avant d’entrer dans la seconde année du noviciat, vit deux mois de « désert ».

Rassurons immédiatement les esprits les plus inquiets : cette appellation puise son origine dans la bible ; en hébreu, le désert se dit « Mid-bâr », littéralement « le lieu de la parole ». Et c’est bien de cela dont il s’agit.

Le désert est plus une mise en présence, qu’une froide absence ; plus une recherche de plénitude qu’un vide délétère, plus un retour à la source qu’une négation de soi. Il est par excellence le temps de l’écoute. Le silence et la solitude ne peuvent se comprendre pour nous que dans la lumière de la présence d’un Dieu « plus intime à moi-même que moi-même » (St Augustin).

Cette recherche de Dieu et de soi dans le regard de Dieu et l’écoute du cœur s’est traduite par une vie simple et dépouillée, tutorée par un programme relativement léger.

Après la messe de 7h00, nos matinées se passent en solitude, nous nous retrouvons pour un temps de chantier communautaire (peinture, défrichage, récolte de pommes de terre (!), etc.), puis un moment d’échange et le reste de la soirée que l’on vit ensemble.

Quelques activités sont venues agrémenter notre séjour : randonnées, escapades chez nos sœurs de Terre-Basse, à l’abbaye de Rosans, au monastère orthodoxe d’Aspres, à la Salette

Le noviciat, au sommet!

Le sommet de cet été fut sans doute l’expérience de la vie en ermitage (2 × 1 semaine), durant laquelle s’est creusée — plus que jamais – cette soif de Dieu dans une prière plus contemplative, plus simple et peut-être plus vraie. Ce sont des évènements marquants qui nous ont donnés de la force et du désir pour « affronter » cette nouvelle année, ensemble. Plus que jamais nous est apparu le lien indissociable entre vie contemplative et vie fraternelle. Nous tendons à former un « Nous », bien plus que la simple somme de nos êtres : un « Nous-Communauté », un « Nous-un », un « Nous-Eglise ». Telle est sûrement notre vocation.

Et c’est dans le silence de nos cœurs et la pauvreté de nos vies que nous vous avons tous portés auprès de Dieu, assurés, comme le dit si bien Paul Valéry, que :

Ces jours qui te semblent vides
Et perdus pour l’univers
Ont des racines avides
Qui travaillent les déserts
[…]
Patient, patience,
Patience dans l’azur!
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr !

Frère Raphaël

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Choisir dans la liberté

Publié le 27 septembre 2019

C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruits et deveniez mes disciples” (Jn 15,8)

Le temps passe vite, en un clin d’œil l’automne est déjà arrivé. J’aime l’automne parce que c’est une saison qui porte beaucoup de fruits. Depuis l’année dernière les frères novices ont commencé à faire de la permaculture. À ce jour nous avons déjà récolté quarante kilos de petites tomates. Mais au jardin du noviciat, un fruit spirituel a aussi mûri : au bout de deux ans de noviciat, frère Jean-Marie de la Croix a enfin décidé de faire sa profession temporaire le 20 octobre à Saint Jodard. Voici ce que je veux vous partager…

Pendant la prière, j’ai toujours entendu les paroles que, Jésus a dit à Pierre : « Est-ce que tu m’aimes ? ». Avec l’aide de mes frères formateurs j’ai pris conscience petit à petit des fondements de la profession : une relation intime avec Dieu dans la liberté pour faire un vrai discernement. Maintenant, d’un cœur libre et sincère, j’ai décidé de prononcer mes vœux et ainsi répondre à la question du Seigneur : « Oui Seigneur, Tu sais tout, Tu sais bien que je t’aime ».

Frère Jean-Marie de la Croix

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Huile essentielle de charité

Publié le 27 septembre 2019

Au fond de la vallée, une vielle bâtisse provençale abrite quatre religieuses. Les lavandes en fleur qui y foisonnent attirent à elles une multitude de papillons de toutes espèces. Les habitantes de ce lieu en sont émerveillées, elles louent le Seigneur chaque jour pour la beauté de sa Création. La lavande… Quelle merveille ! C’est beau, ça sent bon et c’est… rentable ! Et oui, elle ne sont pas folles nos sœurs ! Il faut bien vivre et donc travailler pour coopérer activement à la grâce et à la providence de Dieu. De ces épis fleuris, elles extirpent quelques litres d’une huile essentielle précieuse.

Sœur Francesca, voyant le jour de la récolte arriver, proposa à ses frères de communauté de venir participer aux festivités. Tout novice qu’ils étaient, leur père maître accepta de les envoyer rendre ce service fraternel. Sœur Sophia les accueillit chaleureusement et distilla, avant la lavande, un peu de sa sagesse à ses petits frères. Le premier jour de la récolte une vingtaine de voisins vinrent donner un coup de faucille. Des enfants, des jeunes et des vieux se réjouirent ensemble dans une entraide amicale et bon enfant. Sœur Marie-Liesse prépara un repas qui nous rassasia dans la joie et nous donna la force de continuer le travail. De retour au champ, sœur Christine-Marie ramassait les épis de lavande perdus dans les broussailles avec soin… pas de perte ! Ici on aime le travail bien fait.

Le deuxième jour il ne restait plus que frères et sœurs qui travaillèrent ensemble dans la joie jusqu’au soir. Déjà il était temps de se quitter, la tache étant achevée. À ce moment-là, nos quatre sœurs et leurs frères réalisèrent que ce fût un immense cadeau du Ciel d’avoir passé ces derniers jours ensemble. Les heures de travail, la vie de prière et les repas partagés avaient tissé, discrètement, d’authentiques liens fraternels. En se quittant le cœur gros, chacun savait que ces liens s’approfondissent et s’accomplissent dans la prière. Tournés vers Celui qui les avait réuni dans une même famille, ils rendaient grâce.

Frère Pacifique

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La fécondité du désert

Publié le 27 septembre 2019

Durant les deux mois passés à Montmorin, nous avons chacun eu la possibilité de vivre au moins une semaine de solitude radicale en ermitage. Nous étions répartis aux quatre coins de la colline, dans de modestes cahutes isolées de tout. Nous nous retrouvions seulement pour faire Église autour de l’Eucharistie. Tels de petits ruisseaux nous descendions de la montagne vers l’océan. Pendant un instant nous ne faisions qu’un dans la chapelle Notre Dame de la Paix. Puis nous remontions le courant jusque dans nos maisonnettes où la source nous attendait pour prolonger notre unité silencieusement. De fait, dans chaque ermitage il y a la présence réelle de Jésus dans un petit tabernacle.

Chapelle Notre Dame de la Paix

Par les rafales d’un vent brûlant s’envole la poussière sous mes pas. Le soleil impitoyable ne laisse aucune chance à la vie, la moindre trace d’humidité s’évapore instantanément. “Mon palet est sec comme un tesson”, mes genoux chancellent, ma vue se trouble… Il n’y a rien ! “Jusques à quand Seigneur m’oublieras-tu ? Jusques à quand mettrai-je en mon âme la révolte ?” Dans ma supplication je continue cette marche éprouvante avec persévérance… Mon âme a soif de Toi ! À cet instant me parvint, du sommet d’une dune un éclat de lumière comme un reflet vacillant. Je m’arrête et fixe cette infime point lumineux : ” Qui vient donc m’importuner “- rupture du flux de ma lamentation ! » En regardant plus attentivement je peux distinguer de belles nuances dans cette nouvelle lumière. Je veux en avoir le cœur net : poussé par une force surnaturelle, je quitte mon itinéraire sans but et gravis le monstre de sable. Arrivé sur les hauteurs, je vois clair, c’est bien de l’eau qui jaillit. Une source si pure et si christ-alline que j’ose à peine m’y abreuver. J’y trempe tout de même les lèvres avec confiance et en suis éternellement rassasié.

Ainsi en était-il dans le désert de mon âme durant ce temps de solitude. Je savais que Dieu était là comme une source cachée et cela me suffisait. Acceptation de mon néant pour être introduit gratuitement, par pur amour dans l’Être Éternel. C’est cela la fécondité du désert.

Frère Pacifique

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Ad extra

Publié le 27 septembre 2019

Lors de notre temps de désert à Montmorin, nous avons eu l’occasion de nous déplacer à quelques reprises dans la région.

Trois semaines après le début de ce temps de désert, nous sommes allés aux Jaumes (04), où les frères de notre communauté ont un prieuré. Après avoir eu la messe à quelques kilomètres de là, chez nos soeurs de Terre-Basse, nous nous sommes retrouvés chez les frères afin de partager un déjeuner. Ce fut l’occasion de faire connaissance et de nous balader dans la nature.

Le lendemain, nous nous rendions à l’abbaye de Rosans, située à une trentaine de minutes de notre camp de base de Montmorin. Nous étions invités par les soeurs bénédictines vivant sur place à les aider pour la moisson de l’épeautre. Ce fut un beau moment de charité fraternelle et nous étions très heureux de donner un peu de temps aux religieuses.

Quelques jours plus tard, du 28 au 29 juillet, direction Barcelonnette afin de retrouver frère Alain de la Croix. Nous étions logés chez Raymonde, une habitante du lieu et nous avons passé une soirée très conviviale, marquée par le riche témoignage de vie de notre frère Alain. Le lendemain, nous sommes allés marcher en montagne, nous attaquant à la “Tête de Louis XVI”, un sommet culminant à plus de 2400m, où nous avons prié l’office de sexte et pique-niqué sous les yeux des marmottes et des aigles.

À la Grande Chartreuse
Le 16 août, nous sommes allés en pèlerinage à la Salette (38). C’est un lieu où la Vierge est apparue à deux jeunes enfants en 1846. Ce qui m’a touché dans cette histoire, c’est que ces enfants n’étaient pas pratiquants.

Enfin, le 29 août, lors de notre voyage de retour vers Saint Jodard, à l’issue de ces deux mois de désert très riches en aventures, nous avons fait une halte à la Grande Chartreuse. Après avoir visité de musée dédié à cet ordre religieux vieux de plus de 900 ans, nous avons célébré la messe et pris le temps de partager un dernier pique-nique communautaire. Ce qui est frappant, c’est cette ambiance de prière qui règne, même si nous n’avons vu aucun moine.

Ces quelques déplacements effectués en communauté nous ont permis de prendre davantage conscience que nous sommes des religieux appelés à nous déplacer pour aller rencontrer nos frères, ainsi que d’autres communautés et des personnes loin de la foi.

Frère Jean-Baptiste de l’Agneau

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Respiration orthodoxe

Publié le 27 septembre 2019

Pour vous plonger dans l’ambiance de cet article, lisez-le en écoutant ce chant orthodoxe interprété par frère Baudouin-Marie et frère Pacifique :

 

Si la rencontre avec le Christ, dans un cœur à cœur nourri par le silence, constitue la grâce propre du désert, il est des jours où la charité commande de quitter la retraite pour oser la rencontre. Au fond ne s’agit-il pas d’un rythme profondément humain, accordé au divin, ou l’expiration succède à l’inspiration ? Au risque de mourir en expirant plus que l’on inspire, ou d’imploser en inspirant sans exploser, la sagesse du désert, celle du bon sens retrouvé, commande la respiration. C’est ainsi que pour fêter le 15 août dignement, nous sommes allés, accompagnés d’un frère aîné et même d’une “sœur ermite”, rendre visite à nos frères orthodoxes du monastère de la Dormition de la Mère de Dieu.

Monastère Notre Dame de la Dormition

Arrivés avec un léger temps de retard bien johannique, nous pénétrons dans la chapelle, en plein office de vêpres. En franchissant la porte, c’est un monde qui s’efface, un nouveau qui s’ouvre à nous: l’odeur de l’encens emplit nos narines débouchées, valsant dans la pénombre, les lumières illuminent les magnifiques fresques, enivrant nos regards, tandis qu’à nos oreilles raisonnent les psaumes et faux bourdons s’égrenant au rythme rapide des siècles du passé. L’Écriture nous livre alors un peu de sa saveur : “Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur” (Psaume 33).

Icône écrite par un moine du monastère
Encore éblouis par la lumière du dehors, nous distinguons une masse noire qui se dirige vers nous. C’est un moine, coiffé et barbu, qui d’un geste sans appel nous invite à prendre place dans les stalles des fidèles. L’office divin poursuit sa course trépidante et il semble que rien ne peut l’arrêter : psaumes, intercessions, alléluias, hymnes, encensements (avec grelots), vénérations des icônes, tout y passe et nous tentons le souffle court d’accorder nos prières à celles de nos frères orthodoxes. Une dernière salve d’alléluias et de gloire au Père synchronisés avec autant d’inclinaisons et l’office est conclu.

La dizaine de moines se retire et nous restons seuls avec et l’higoumène, le frère Silouane pour visiter la chapelle encore toute baignée des échos de la prière. Lorsque les voix se taisent, ce sont les murs, leurs somptueuses fresques, ainsi que les icônes qui prolongent la louange de Dieu. Nous voici bien loin du dépouillement d’un temple protestant…

Autour d’un verre de l’amitié bien orthodoxe, la discussion se poursuit, passant de la beauté des fresques et des chants, sujets “encore bassement humain” nous dit frère Silouane, à la prière et l’union à Dieu. Et l’on se prend à rêver d’un 3e concile de Lyon qui réussirait là ou le second avait échoué : l’unité de l’Église d’orient et d’occident. L’histoire des moines qui vivent au monastère nous fait vite redescendre sur terre : la majorité des moines sont des anciens catholiques n’ayant pas trouvé de nourriture substantielle dans l’Église… Le message est clair, nos échanges sont vrais, dénués du fard de l’hypocrisie, la rencontre prend alors toute sa valeur : l’unité se fonde sur la vérité, une vérité plus grande que nous, qui est au fond, l’appel à suivre le Christ.

Frère Baudouin-Marie

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Immersion au noviciat

Publié le 26 juin 2019


Nouveauté du noviciat !

Nous inaugurons une newsletter saisonnière afin de vous permettre de plonger au sein de notre vie. En suivant nos premiers pas de frères de Saint-Jean, franchissez les portes du prieuré et découvrez ce qui fait le sel de notre quotidien.

Découvrir la newsletter du printemps

Les frères novices

Les apprentis iconographes

Publié le 26 juin 2019

Au cœur du Chapitre Général, les novices de première année ont eu l’opportunité de participer à un stage d’iconographie.

Par frère Jean Marie de la Croix

Le projet était simple : écrire une icône en 5 jours. Belle manière de découvrir un pilier spirituel de la Tradition chrétienne et de tendre la main à l’Orient.

Par le soutien et la technique d’une oblate iconographe : Élisabeth Théréau, nous avons vu – au fur et à mesure des coups de crayons et de pinceaux – se dresser un petit bout de l’Au-delà.

Sous nos yeux, Dieu était là ; Jésus se faisait bois. Laissons donc champ libre aux rimes, puisqu’elles insistent tant !

Bois d’Icône

Tes prières, tes alléluias,
Tes cantiques me remplissent de joie.
J’aime tes chants, J’aime ta voix,
Mais aujourd’hui, aime-moi avec tes doigts.

Dessine-moi, écris-moi,
Comme si c’était la première fois,
Comme si la bible n’existait pas,
Comme si J’étais devant toi.

Tu découvriras au long de tes traits,
Les traits de ton aimé ;
C’est un peu comme si à toi,
Et rien qu’à toi,
Je me révélais pour la seconde fois.

Dans ce monde, tu es mon artisan ;
Ôte le voile du firmament,
Ouvre une fenêtre à l’Éternité,
Fais entrer la Divinité.

Car oui, Je te promets :
Par ton œuvre, Je passerai
Pour montrer à tes aînés
Ma soif, ma soif d’aimer.

Dans tes soucis et dans ta nuit,
Un regard jeté sur ce bois
Te rappellera que Je Suis,
Et que Je Suis pour toi.

Par frère Raphaël

Par frère Baudouin-Marie

Par frère Jean-Baptiste de l’Agneau

Par frère Pacifique

Frère Raphaël

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Journées de Pentecôte à Paray

Publié le 26 juin 2019

Du 8 au 10 juin 2019, nous nous sommes rendus à Paray-le-Monial pour les journées de Pentecôte. Il s’agissait du premier déplacement du noviciat à un événement de la Communauté Saint-Jean.

Ces journées furent l’occasion d’assister aux professions perpétuelles de 4 sœurs et de 4 frères. C’était très fort de voir ces jeunes s’engager de manière totale à la suite du Christ, jusqu’à la mort. Les 5 continents étaient représentés à Paray-le-Monial, le monde entier était présent, montrant l’universalité de l’Église, à l’image du dernier commandement du Christ d’aller «proclamer l’Évangile dans le monde entier à toute la création» (Mc16,15).

Les nouveaux frères profès perpétuels

L’Esprit Saint, que nous avons appris à mieux connaître grâce à 2 conférences prêchées par frère François-Xavier, le Prieur Général, a soufflé en cette fête de Pentecôte. Quelle joie de voir la famille Saint-Jean réunie avec ses frères, sœurs, oblats, amis et gens de passage! Nous pouvons rendre grâce pour la belle liturgie que nous avons vécu, les rencontres, retrouvailles et ce moment festif le soir de la Pentecôte avec une belle pièce de théâtre.

Nous sommes impatients de nous réunir à nouveau pour les ordinations sacerdotales et diaconales qui se dérouleront le 29 juin à Ars-sur-Formans, auprès de Saint Jean-Marie Vianney, le fameux curé d’Ars, patron des prêtres de l’univers.

Frère Jean-Baptiste de l’Agneau

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Le Chapitre Général vu par un novice

Publié le 26 juin 2019

Il est explicitement mentionné dans nos constitutions que le Chapitre Général aura lieu si possible dans un noviciat de la communauté afin de bénéficier de la ferveur ardente des novices…

C’est ainsi qu’il incombait aux quatre petits derniers arrivés de porter la cinquantaine de frères aînés réunis pour élire un nouveau Prieur Général. Mais l’Esprit Saint n’en étant pas à sa première folie, rien ne nous à moins étonné que cette mission, pourtant si grande.

À mesure que les jours qui nous séparaient du début du chapitre diminuaient, nous découvrions les têtes inconnues des capitulants accourus du monde entier. La maison toute entière s’ébranlait et il faisait bon sentir les murs et les frères se réjouir de retrouver de vieux compagnons que les années avaient assagis. Les grandes vaisselles succédaient aux grands repas, l’écho de la chapelle avait courtoisement cédé la place aux voix venues de loin, et les frères de tous pays, enfin au grand complet, imploraient l’Esprit Saint de répandre sa lumière et sa paix. Les frères faisaient enfin famille.

Nous redécouvrions alors, mais plus intimement, que notre discernement s’enracinait dans celui de nos frères aînés et qu’en tant que fils de Jean nous étions fils de l’Église. En un mot, que notre chemin vers la consécration religieuse avait la fraîcheur de la réponse à un appel franc : celui de la sainteté.

Il est bon signe de constater que le sérieux de la situation n’avait en rien entamé notre joie de novice, qui donna un peu de sa mesure lors du chapitre de fête1 concluant le Chapitre Général… La candeur de notre audace nous poussa jusqu’à donner un rôle au Prieur Général, tout juste élu, dans notre pièce de théâtre.

Ragaillardis par l’élan de cette première session, nous attendons avec un certain enthousiasme tempéré de patience, la seconde session du Chapitre qui aura lieu fin octobre prochain. Voilà de quoi prolonger notre prière en action de grâce et supplication pour que, fidèle au souffle de l’Esprit Saint, la communauté toute entière soit toujours plus transparente à la force de son charisme.

Sketch du chapitre de fête sur le martyre de Saint Jean-Louis Bonnard

1 Un chapitre de fête rassemble la communauté autour d’un spectacle préparé par les frères.

Frère Baudouin-Marie

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