Saint Jean-Louis Bonnard

Saint Jean-Louis Bonnard (1824 – 1852), prêtre français des Missions Étrangères de Paris, fait partie du groupe des 117 martyrs du Vietnam canonisés le 19 juin 1988 par Jean-Paul II.

En souvenir de sa vie à Saint Jodard, il est devenu le saint patron de notre chapelle,consacrée le 7 janvier 2017 par Mgr Gobilliard, archevêque auxiliaire du diocèse de Lyon.

Victor Hugo lui a dédié un des poèmes de ses «Châtiments»:

À un martyr
Ô saint prêtre ! Grande âme ! Oh! Je tombe à genoux !
Jeune, il avait encor de longs jours parmi nous ;
Il n’en a pas compté le nombre ;
Il était à cet âge où le bonheur fleurit ;
Il a considéré la croix de Jésus-Christ
Toute rayonnante dans l’ombre.
[…]
Il s’est dit qu’il est bon d’éclairer dans leur nuit,
Ces peuples égarés loin du progrès qui luit,
Dont l’âme est couverte de voiles ;
Puis il s’en est allé dans les vents, dans les flots,
Vers les noirs chevalets et les sanglants billots,
Les yeux fixés sur les étoiles.

Une vocation précoce

Jean-Louis naît le 1er Mars 1824 à Saint-Christôt-en-Jarez, près de Saint-Étienne.

Il entre en classe de 4e au petit séminaire de Saint Jodard pour devenir prêtre « quel que soit l’endroit où Dieu l’appellera à le servir ».

Il est ordonné prêtre aux Missions Étrangères de Paris le 23 décembre 1848, et 46 jours plus tard, il embarque à Nantes pour une expédition de 5 mois à destination de Hong Kong.

Missionnaire en Asie

De là, il embarque en direction du Tonkin où il arrive en pleine épidémie de choléra. Il commence son ministère sous la direction de Monseigneur Retord, apprenant la langue et les coutumes, s’habituant au climat et à la nourriture locale.

Le missionnaire entre en clandestinité au Tonkin par la Baie d'Halong.

Carte du Tonkin et du lieu du martyre.

En mai 1851, Monseigneur Retord lui confie la direction de la mission de Ké Bang. La vie des missionnaires est difficile et dangereuse, des persécutions les menacent sans arrêt, eux et les nouveaux convertis. Déjà, plusieurs prêtres ont été dénoncés et exécutés.

Un saint martyr

À son tour, fin mars 1852, Jean-Louis Bonnard est dénoncé et emprisonné à Nam-Dinh. Durant ses quarante jours de captivité, il est enchaîné et chargé de la cangue.

Prisonnier chargé de la cangue

Il refuse de renier le Christ et de dénoncer ceux qui l’avaient reçu. Il est donc condamné à la décapitation pour motif de « prédication de la religion perverse ». A deux reprises un prêtre vietnamien lui apporte l’Eucharistie, et il peut correspondre plusieurs fois avec Mgr Retord. Ainsi dans sa dernière lettre écrit-il :

«Demain, samedi 1er mai, fête des saints Apôtres Philippe et Jacques, […] voilà, je crois, le jour fixé pour mon sacrifice. Je meurs content. Que le Seigneur soit béni ! La veille de ma mort, 30 avril 1852 ».

Ce tableau représente différentes scènes ayant trait au martyre de Saint Jean-Louis Bonnard. Après l'éxecution, la tête et le corps, par ordre du mandarin, furent portés sur une barque et jetés au fleuve. Des chrétiens, sur des jonques de pêche, parviennent à retrouver et repêcher ces restes précieux. Transporté à la communauté de Vinh-tri, Jean-Louis Bonnard y fut revêtu des ornements sacerdotaux et exposé devant un autel. Auprès du corps, le père Paul Tinh, lui-même martyr plus tard (1857), prie avec les élèves du collège et quelques chrétiens du village. Mgr Retord, suivi d'un missionnaire, d'un prêtre indigène et de ses catéchistes, s'avance pour la cérémonie des funérailles. Un catéchiste arrête des femmes qui veulent voir le martyr.
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